Explication CLT-UFA relative à la publication dun article du magazine Spiegel intitulé : Das Wort Monopol meiden (Le terme monopole est à éviter) qui sera publié samedi 21. février 1998
CLT-UFA Luxembourg, le 20 février 1998,
Dans sa dernière édition, le magazine Spiegel analyse la stratégie TV pratiquée par la maison CLT-UFA dans un article intitulé « Le terme monopole est à éviter». En réaction à cet article, CLT-UFA prend position comme suit:
Ce article donne limpression que les projets de CLT-UFA et Bertelsmann dans le domaine de la télévision payante diffèrent en réalité des projets que le groupe a soumis aux autorités en charge du contrôle des cartels et au public. Mais il sagit là dune fausse impression. Elle ne correspond ni à la réalité ni aux intentions de la maison CLT-UFA et ainsi, il ne sera pas possible de corroborer les différents points par des faits.
Voici la prise de position de CLT-UFA pour ce qui est des différents points:
Le magazine Spiegel donne, par cet article, limpression que Bertelsmann, CLT-UFA et Kirch auraient lintention de coordonner dune manière inadmissible leurs activités dans le domaine de la télévision gratuite et celui de la télévision payante. Or, cela nest certainement pas lintention des partenaires et cela ne ressort nullement des documents dont dispose Spiegel. La coopération ne porte en effet que sur des chaînes dans lesquelles CLT-UFA détient une participation. Cela nest pas seulement raisonnable dun point de vue entrepreneurial et ne pose aucun problème au niveau juridique, mais une pareille coopération est expressément autorisée dans le nouveau Traité dEtat sur la Radiodiffusion. Toutefois, une coopération dans le domaine de la télévision gratuite se heurte à des limites du moment où lindépendance des directeurs des chaînes respectives nest plus garantie ou encore si CLT-UFA en tant quactionnaire minoritaire ne peut plus exercer son influence.
De même, toute coopération entre une chaîne de télévision gratuite du portefeuille CLT-UFA et Premiere nest nullement en contradiction avec le droit en vigueur en matière de médias et de concurrence. La coopération décrite dans la demande dinvestissement de Bertelsmann AG se limite exclusivement à une coopération entre Kirch et CLT-UFA dans ce domaine.
Spiegel était au courant de cet état de choses. Cela ressort dune part des documents à la disposition de Spiegel, auxquels on se réfère. On y explique clairement pourquoi une position plus forte de CLT-UFA, notamment aussi dans le domaine de lachat de droits pour Premiere, finira par consolider la position globale de CLT-UFA sur le marché de la télévision allemande, plus particulièrement face au groupe Kirch. Cet argument est notamment mis en évidence dans la conclusion suivante dont Spiegel avait aussi connaissance:
« Par un engagement actif dans le domaine de la télévision payante, CLT-UFA pourra mettre à profit sa forte position dans le domaine de la télévision gratuite afin de sassurer également à long terme une position de leader dans le secteur des droits et de la production mettant ainsi fin à la prédominance de Kirch dans ce domaine ».
Il en ressort clairement, et Spiegel a donc certainement pu constater que dans le domaine de la télévision gratuite et du négoce de droits, CLT-UFA et le groupe Kirch sont toujours des concurrents acharnés. Les directions de Bertelsmann et de CLT-UFA ont amplement informé Spiegel de cet état de choses. Pour ce qui est de la méthode de Spiegel, qui en toute connaissance de cause a pourtant essayé de donner de fausses impressions par un choix très sélectif de citations tout en dissimulant les citations les plus importantes et absolument nécessaires afin de pouvoir comprendre la situation dans son ensemble, Dr. Michael Dornemann, membre du directoire de Bertelsmann, a fait la déclaration suivante: «Cette méthode de répandre intentionnellement des informations non correctes ne peut être expliquée que par lintention manifeste de Spiegel dexercer lui-même une influence au niveau de la procédure dexamen en essayant dinfluencer la politique médiatique à son propre avantage par le biais dune information fragmentaire et manipulative. Larticle du magazine Spiegel, dans lequel la filiale de Bertelsmann, Gruner + Jahr, détient une participation de 25%, montre de façon très claire les limites dinfluence dun actionnaire minoritaire.
Larticle de Spiegel fait croire que Bertelsmann a une solution secrète dans son tiroir pour le cas où la Commission de lUnion européenne refuse de donner son aval aux contrats avec Kirch en matière de télévision payante. Il est par contre exact quil existe un accord entre Kirch et CLT-UFA qui est indépendant du contrat CLT-UFA/Kirch et dont lobjet est la sauvegarde des intérêts de Premiere. Cet accord porte notamment sur la fourniture de programmes, laccord sur la technologie en matière de décodeur et la décision sur la numérisation de Premiere et il a été mis en oeuvre par un nombre de résolutions prises par le Conseil de Surveillance de Kirch respectivement le Conseil dadministration de CLT-UFA, tous deux actionnaires de Premiere. Ce fait na jamais été tenu secret ni par le groupe Kirch ni par CLT-UFA, bien au contraire, ces accords étaient connus depuis le mois de juillet 1997 et ont été par la suite confirmés publiquement à plusieurs reprises par les directions de Bertelsmann AG et de CLT-UFA dans le but de protéger les intérêts de Premiere. Les médias et les autorités de contrôle des cartels étaient également au courant de la conclusion de cet accord. Le reproche de Spiegel que « cet accord aurait été conclu de façon si discrète quil pourra se passer dune autorisation de la part des autorités» est donc trompeur et absurde.
Le Spiegel donne limpression que des notes internes de la société ont pour objet de donner des instructions afin de pratiquer des méthodes tacticiennes au sein du groupe. Cette impression nest nullement avérée dans les faits. Il est au contraire dusage dans toute grosse société, comme partout dans le monde et tout particulièrement sagissant de procédures complexes et compliquées au sein dun groupe, dapporter un soutien en matière dinformation et de coordination à toute une série de personnes impliquées dans le management. Cest notamment judicieux et nécessaire lorsque les personnes impliquées dans la procédure ne peuvent toutes avoir la même expérience dans lapproche des procédures juridiques complexes ou de certains problèmes dans le secteur de la télévision commerciale. On pourrait reprocher à juste titre un manque de professionnalisme à une société qui négligerait toute coordination adéquate de son management alors quelle fait partie dun secteur dactivités à risques élevés et quelle doit faire face à des pertes de lancement de lordre de 2,5 milliards de DM liées à des questions et des procédures touchant au droit sur les médias et au droit sur les ententes. Qualifier de telles mesures de travail comme étant des méthodes tacticiennes est de la pure discrimination et dénonce une volonté de forger de toutes pièces une opinion en rapprochant diverses citations éparses dès lors que les reproches ne peuvent être corroborés par les faits.
Par ailleurs, le Spiegel émet un reproche sérieux selon lequel Bertelsmann aurait lintention dabuser les autorités chargées du contrôle des ententes. En procédant ainsi, le Spiegel cherche à donner limpression que les accords contractuels entre Bertelsmann / CLT-UFA et le KirchGruppe ont été valablement conclu à une date antérieure à celle de lacte authentique daté du 8.11.1997.
Prétendre que laccord entre Bertelsmann / CLT-UFA et KirchGruppe était déjà conclu en juin 1997 na aucun fondement. A cette époque, il ny avait uniquement quun avant-projet pour un tel accord et celui-ci a subi des modifications au cours des semaines et des mois suivants lors des négociations contractuelles. Ces négociations se sont poursuivies entre Bertelsmann / CLT-UFA et KirchGruppe jusque début novembre 1997, des modifications substantielles du contenu par rapport aux règles dabord envisagées ont été apportées et enfin, les contrats ont été certifiés devant notaire en date du 8.11.1997. La possibilité a existé jusquà la dernière minute lors des réunions concernant le contenu de voir laccord capoter entre les deux groupes dentreprises.
La Commission européenne est au courant de ces faits. Les points essentiels ont été publiés en juin 1997 par les deux entreprises impliquées et ont également été communiqués à la Commission européenne. Le projet daccord (dans sa version de juin 1997) a été présenté à la Commission européenne dans le cadre de la déclaration imposée par le droit sur les ententes. Les contrats certifiés devant notaire ont été transmis immédiatement après leur conclusion à la Commission européenne. Les différences relatives au contenu entre le projet et la version certifiée sont connues de la Commission européenne.
Egalement sur ce point larticle du Spiegel est faux.